Le cancer de l’endomètre représente aujourd’hui la quatrième cause de cancer chez la femme et la première parmi les cancers gynécologiques en France, avec 8 224 nouveaux cas estimés en 2018 (InVS). La mortalité, bien que non négligeable, reste relativement faible (2 415 décès estimés la même année), témoignant d’un diagnostic souvent précoce et d’un pronostic favorable, avec une survie spécifique à cinq ans de
72 % et à dix ans de 68 %. Le traitement chirurgical demeure le pilier thérapeutique de la maladie, adapté selon le profil de risque défini par les recommandations nationales et internationales. La question du mode d’abord chirurgical reste au coeur des débats. Bien que la coelioscopie ait progressivement supplanté la laparotomie dans de nombreuses indications, la robot-assistance ne s’est imposée que lentement en France, où elle ne représentait qu’environ 13 % des hystérectomies en 2016, contre une adoption beaucoup plus large aux États-Unis et dans les pays scandinaves.
Les études comparatives disponibles montrent des résultats contrastés : certains travaux suggèrent que la coelioscopie robot assistée permettrai une diminution du taux de laparoconversion ainsi qu’un raccourcissement du séjour hospitalier, tandis que d’autres ne retrouvent pas bénéfice significatif sur le temps opératoire ou les complications péri-opératoires. Ainsi, l’introduction du robot Da Vinci XI au CAL offre une opportunité unique d’évaluer son apport réel, non seulement en termes de sécurité et d’efficacité chirurgicale, mais aussi de confort opératoire et d’optimisation des ressources hospitalières.
Il s’agira d’une étude rétrospective unicentrique menée au Centre Antoine-Lacassagne,
comparant deux groupes de patientes opérées entre 2019 et juillet 2025 :
1. un groupe ayant bénéficié d’une coelioscopie conventionnelle,
2. un groupe opéré par coelioscopie robot-assistée avec le système Da Vinci XI.
Nous prévoyons un nombre d’inclusion aux alentours de 100 patientes.
L’intervention de référence est une hystérectomie totale inter-ovarienne ± procédure du
ganglion sentinelle ou curages.
Les données seront recueillies à partir des dossiers médicaux et des comptes rendus
opératoires.
L’objectif principal de cette étude est de comparer les résultats cliniques entre la coelioscopie robot-assistée et la coelioscopie conventionnelle chez des patientes prises en charge pour un cancer de l’endomètre au stade précoce.
L’analyse portera notamment sur :
• le temps opératoire,
• le taux de laparoconversion,
• la réussite de la procédure du ganglion sentinelle,
• les complications péri- et post-opératoires,
• et la réalisation ou non d’un curage ganglionnaire.
Les critères secondaires incluront l’évaluation de la survie globale et de la survie sans
progression, permettant d’apprécier la qualité de la prise en charge à plus long terme.
Centre Antoine Lacassagne
Patientes ayant été opérées pour un cancer de l'endomètre au Centre Antoine Lacassagne
Intérêt public dans le domaine de la santé publique
Dr Yann DELPECH, Centre Antoine Lacassagne
Dr Loréna ALEXIS, Centre Antoine Lacassagne
Département d'Epidémiologie, de Biostatistique et des Données de Santé, Centre Antoine Lacassagne
2 ans après la dernière publication