Les chimiothérapies à base de fluoropyrimidines (FPs, dont le 5-fluorouracile et la capécitabine) sont largement utilisées dans le traitement des tumeurs solides, dont les cancers colorectaux, les cancers des voies aérodigestives, et en traitement adjuvant du cancer du sein. Cependant, elles exposent les patients à de nombreux effets indésirables (hématologiques, digestifs, cardiaques et cutanés). La fréquence et la gravité de ces toxicités, sévères chez 1 patient sur 5 et létales dans 1% des cas, sont en partie expliquées par la présence d’un déficit enzymatique en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), l’enzyme qui métabolise les FPs. Depuis 2018, la prescription et la délivrance de FPs est conditionnée par la recherche du déficit en DPD par un test de phénotypage indirect de l’activité enzymatique (mesure de l’uracile, U, et du dihydrouracile, UH2, plasmatique et calcul du rapport UH2/U).
Le génotypage des variants les plus fréquemment détectés dans la population européenne (ex : DPYD*2A, *13, c.2846A>T et c.1129-5923C>G) n’est pas systématique en France, contrairement à d’autres pays européens (ex : les Pays-Bas ou le Royaume-Uni). En effet, ce test n’est effectué qu’en cas de suspicion de déficit enzymatique malgré un phénotypage normal.
L’objectif de l’étude est d’évaluer si la présence de variants dans d’autres gènes impliqués dans la voie de métabolisation des FPs, expliquerait la survenue de toxicités chimio-induites chez des patients ne présentant aucun déficit en DPD (phénotypage normal et absence des 4 variants génétiques les plus fréquents de DPYD).
Pour cela nous séquencerons l’exome des patients sélectionnés et évaluerons la présence de variants possiblement délétères pour ces gènes.
Oncopole Claudius Regaud – IUCT-Oncopole
1 avenue Irène Joliot Curie
31059 Toulouse Cedex 9
France
Critères d’inclusion :
- Génotypage du gène DPYD, codant pour la dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) : absence des 4 variants génétiques recherchés en routine (DPYD*2A, *13, c.2846A>T et c.1129-5923C>G)
- Toxicités hématologiques, digestives et cutanées de grade 3 à 5 (CTCAE, v.5.0) induite par fluoropyrimidines (5-fluorouracile, capecitabine)
- Résultats de phénotypage pseudo-normaux (concentration plasmatique d’uracile < 16ng/mL +/-20%)
Critères d’exclusion :
Aucun
Base juridique et exception permettant de traiter les données au sens des articles 6 et 9 du RGPD
Article 6 (Licéité du traitement) : intérêts légitimes du responsable de traitement
Article 9 (Exception permettant de traiter des données de santé) : intérêt public dans le domaine de la santé publique
Nom du responsable scientifique :
Dr Fabienne Thomas, biologiste médicale, MCU-PH, Laboratoire de Biologie Médicale Oncologique, secteur pharmacologie, Institut Universitaire du Cancer de Toulouse
Equipe associée :
Dr Maud Maillard, Assistante Hospitalo-Universitaire, Laboratoire de Biologie Médicale Oncologique, secteur pharmacologie, Institut Universitaire du Cancer de Toulouse
Jeanne Petit, interne en pharmacologie, Laboratoire de Biologie Médicale Oncologique, secteur pharmacologie, Institut Universitaire du Cancer de Toulouse
Les bases de données et les tables de correspondance seront conservées en base active sur des serveurs sécurisés distincts jusqu’à 2 ans après la dernière publication des résultats, puis archivées de façon intermédiaire pendant 5 ans avant d’être totalement anonymisées ou détruites.