MELANOS-IT - Mélanome avec atteinte leptoméningée : étude observationnelle nationale sur le traitement intrathécal
L’incidence du mélanome cutané n’a cessé de croitre ces dernières années. Le centre international de recherche sur le cancer estime que 324635 mélanomes ont été diagnostiqués dans le monde en 2020, le plaçant au 17ème rang en terme d’incidence mais parmi les premiers en terme d’augmentation d’incidence ; en France, ce chiffre est estimé à 16449. Son pronostic peut être péjoratif puisque le mélanome représente 75% des décès liés aux cancers de la peau avec un chiffre estimé de décès en France en 2020 estimé à 2125. Néanmoins, on observe malgré cette augmentation d’incidence, une stabilisation des courbes de mortalité ce qui peut s’expliquer par l’efficacité des campagnes de dépistage et de prévention permettant de détecter le mélanome à un stade précoce mais aussi par l’avènement des progrès thérapeutiques effectués dans ce domaine notamment avec l’immunothérapie.
En effet, le pronostic du mélanome à un stade avancé était sombre avec une médiane de survie de l’ordre de 8 à 9 mois. L’immunothérapie (IT), et en particulier les inhibiteurs de checkpoint immunitaire, a révolutionné ces dernières années le pronostic de ces patients.
En effet, la combinaison d’inhibiteur de checkpoint avec antiCTLA4 + anti PD1 a été testée au travers de l’étude randomisée de phase III Chekmate 067 comparant 3 bras de traitement : ipilimumab + nivolumab versus nivolumab seul versus ipilimumab seul. Les données actualisées à 10 ans confirment des réponses sans précédent avec une médiane de survie globale à 10 ans de 71.9 mois pour le bras associant ipilimumab et nivolumab avec une diminution du risque de décès de 47%. D’autres combinaisons d’immunothérapie sont également disponibles ainsi que des approches de traitement par thérapies ciblées notamment en cas de mélanome porteur de la mutation BRAFV600, thérapies ciblées ayant également démontré une amélioration statistiquement significative de la survie globale des patients avec mélanome métastatique au travers de larges essais de phase III randomisés.
On voit donc que si la prise en charge du mélanome évolue de façon favorable avec des perspectives de guérison et de survie à long terme, il reste cependant des populations de patients de mauvais pronostic notamment ceux avec métastases cérébrales et/ou leptoméningées ou cas de mélanome primitif neuromeningé. Le mélanome fait partie des types de tumeur solide le plus susceptible d’évoluer au niveau leptoméningé, avec une atteinte souvent tardive dans l’évolution de la maladie et très fréquemment associée à des métastases cérébrales intraparenchymateuses. Les nouvelles thérapeutiques précédemment décrites restent souvent inefficaces en cas d’atteinte leptoméningée avec un pronostic encore très sombre d’une médiane de survie de quelques mois. De nouvelles approches se développent spécifiquement pour ce type d’atteinte leptoméningée et notamment la voie d’administration intrathécale (IT) d’abord des chimiothérapies puis des immunothérapies. L’immunothérapie en IT fait partie intégrante des recommandations européennes pour la prise en charge du mélanome avec atteinte leptoméningée avec cependant un niveau de recommandation faible. La littérature sur le sujet est essentiellement basée sur des cas cliniques ou de petites séries rétrospectives avec cependant une phase I publiée en 2023 de traitement concomitant par nivolumab en intrathecal et en intraveineux. Des essais sont en cours portant sur des combinaisons d’inhibiteurs de checkpoint immunitaire administrés par voie intrathécal.
En vie réelle, les pratiques sont très hétérogènes à tout niveau : interactions entre les équipes oncodermatologiques et neurochirurgicales, indications, traitements anticancéreux concomitants, doses et voie d’administration etc. Notre étude permettra de rapporter et colliger de façon rétrospective les cas d’administration IT d’immunothérapie pour un mélanome en France.
Les objectifs sont les suivants :
Objectif principal :
Evaluer le taux de réponse à l’immunothérapie intrathécale.
Objectifs secondaires :
Décrire les caractéristiques cliniques, tumorales et les traitements reçus.
Décrire la tolérance à l’immunothérapie intrathécale.
Evaluer la survie sans progression.
Oncopole Claudius Regaud – IUCT-Oncopole
1 avenue Irène Joliot Curie
31059 Toulouse Cedex 9
France